
Parler d’Antoine Pinterovic soulève en mon cœur beaucoup de tendresse car c’est l’histoire audacieuse d’un pèlerin du sens qui a fait de l’intelligence un acte de courage, tout en choisissant de sauvegarder la vertu du cœur. Du courage, il en fallut à cet homme pour demeurer fidèle à son exigence de vérité, et de la rigueur patiente pour mener à terme sa quête d’âme. Tour à tour naïf au grand cœur, espiègle, passionné jusqu’à l’emportement, extrêment cultivé, jouant de citations latines et d’aphorismes alchimiques, polyglotte, malicieux, mendiant et affamé comme peut l’être eros, toujours galant et charmant avec les dames. Analyste sans doute mais thérapeute plus certainement, au sens antique du terme, donnant de son temps sans compter à ceux qui souffrent. Je l’ai parfois connu en ses humeurs noires assaisonnées de cynisme, abandonné et exposé comme un orphelin dans un univers cruel, en chemin vers le renoncement aux gloires du monde mais toujours courageux et digne.