
J’abordais avec appréhension cette première séance ayant déjà vécu des échanges avec des psychothérapeutes et psychanalyste dont j’avais gardé un sentiment de froideur à en être aigrie par ces vaines démarches.
L’intérieur de chez Pinterovic qui s’offrait à moi était loin des classiques cabinets où j’avais eu mes entrevues précédentes. Installée dans un fauteuil au centre d’une petite pièce chargée d’objets, je prenais plaisir à me raconter leur histoire. Parcourant du regard ces diverses « reliques », j’investissais mon esprit à relier celles-ci à cet étrange personnage, d’âge certain, qui était aussi emprunt d’un certain passé. Ma première impression était qu’il aurait pu être philosophe ou professeur. Voulant connaître sa nature avant de parler de « mon cas », je me suis mise à lui poser des questions et je fus étonnée par sa simplicité à répondre me laissant aussi rentrer dans son univers.
Son esprit vif et adroit s’intéressait à chacune des expressions du corps et utilisait mes mots en les métamorphosant en images de nature réelle ou littéraire. Je savais au fond de moi que j’attendais de lui de me murmurer tout ce que je devais dire tout haut. Par les échanges que nous avons eus au cours de nos séances, je lui ai laissé une place dans mon inconscient grâce à son naturel et ce sentiment d’appartenance familiale.
J’ai fortement apprécié son humour. Il aimait aussi faire des compliments tout en prenant un plaisir à en recevoir. Il avait dans ces moments un regard amusé sur la situation tout en gardant sa place d’observateur.
Je garde en moi un excellent souvenir de Pinterovic et de nos discussions. Et bien que je n’étais qu’une patiente, à chaque séance passée ensemble au cours desquelles je laissais petit à petit dévoiler ma quête, j’ai l’impression étrange d’avoir aussi été instruite comme une élève.